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Marchés actions : Éric Galiègue analyse le décalage entre risques économiques et tendance boursière

Entretien avec Éric Galiègue, réalisé par Louis-Antoine Michelet — Point stratégique hebdomadaire, TV Finance, le 23 octobre 2026.

Dette française, rentabilité des investissements dans l’intelligence artificielle, immobilier américain et tensions pétrolières : les facteurs de risque s’accumulent. Pourtant, Éric Galiègue maintient son positionnement favorable aux actions européennes et américaines au moment de cet entretien. Il explique ce décalage par la distinction entre la dégradation du contexte économique et la perception du risque par les marchés.

Une semaine de léger repli pour les actions

Sur la période examinée dans l’émission, les principaux indices européens et américains reculent d’environ 1 %, avec une baisse légèrement plus marquée en Europe. L’euro se redresse modestement face au dollar.

Pour Éric Galiègue, ces mouvements restent limités au regard des tensions économiques et politiques. La résistance des marchés constitue ainsi le fil conducteur de ce point stratégique : pourquoi les actions corrigent-elles aussi peu alors que plusieurs indicateurs appellent à la vigilance ?

Dette française : un signal préoccupant du marché obligataire

Premier dossier abordé : la hausse des taux d’emprunt français et l’élargissement de leur écart avec les taux allemands, appelé « spread ».

Éric Galiègue interprète cette évolution comme un avertissement sur la trajectoire des finances publiques. Il souligne le risque d’une augmentation progressive de la charge d’intérêts, à mesure que l’État renouvelle sa dette et finance ses déficits.

Il distingue toutefois la situation budgétaire française de celle des grandes entreprises cotées. Leur présence internationale contribue, selon lui, à expliquer pourquoi le CAC 40 résiste davantage que ne pourrait le laisser penser le contexte national.

La décision de Moody’s, attendue après la clôture au moment de l’entretien, représente un autre point de vigilance. Une éventuelle dégradation reste alors une hypothèse.

Intelligence artificielle : la question de la rentabilité

Deuxième sujet : les dépenses considérables engagées dans l’intelligence artificielle.

Éric Galiègue s’interroge sur la capacité des entreprises à générer suffisamment de revenus et de bénéfices pour rémunérer ces investissements. Il évoque notamment la publicité et les commissions sur les transactions réalisées par des agents d’IA parmi les pistes de monétisation.

Son analyse porte sur le rapport entre les capitaux engagés et les résultats futurs. Il estime que les perspectives de rentabilité restent difficiles à établir et voit dans la consolidation de certaines valeurs technologiques le signe d’une sélectivité accrue des investisseurs.

Cette appréciation constitue son scénario d’analyse, et non un résultat déjà établi pour l’ensemble du secteur.

Immobilier américain : un point de fragilité pour 2027

L’entretien revient également sur la faiblesse des indicateurs de confiance des constructeurs de logements américains et sur le recul des promesses de vente évoqués pendant l’émission.

Pour Éric Galiègue, ces signaux soulignent la sensibilité du marché immobilier au coût du crédit. Des taux durablement élevés peuvent peser sur la demande et ralentir l’activité de construction.

Il identifie ainsi l’immobilier américain comme un risque important à surveiller dans les perspectives économiques de 2027.

Pétrole : une menace pour la croissance européenne

Le Brent, cité autour de 114 dollars le baril pendant le direct, constitue un autre facteur d’inquiétude.

Éric Galiègue estime qu’un maintien durable du pétrole autour de 100 dollars pèserait sensiblement sur la croissance française et européenne. Il évoque un impact négatif potentiel de l’ordre de 0,7 point de PIB dans le scénario présenté.

Il s’agit d’une estimation conditionnelle : les conséquences dépendraient notamment du niveau des prix, de la durée du choc et de sa transmission aux entreprises et aux ménages.

Pourquoi reste-t-il favorable aux actions ?

Malgré ces alertes, Éric Galiègue maintient, à la date de l’entretien, sa recommandation d’investissement maximal sur les actions européennes et américaines dans le cadre de sa méthode.

Il avance plusieurs éléments : des publications de bénéfices encore supérieures aux attentes, un indicateur de stress de marché qu’il situe en zone d’achat et une progression boursière qui s’étend à davantage de secteurs.

Cette participation plus large à la hausse constitue, selon lui, un signal favorable. Le mouvement ne dépendrait plus uniquement des grandes valeurs technologiques : certains secteurs défensifs et industriels prennent également le relais.

Sa conclusion repose donc sur une distinction centrale : un environnement économique plus risqué peut coexister avec une tendance boursière encore favorable. Tant que ses indicateurs de marché confirment cette tendance, il choisit de l’accompagner.

Retrouvez l’analyse complète d’Éric Galiègue avec Louis-Antoine Michelet dans le replay du Point stratégique hebdomadaire de TV Finance du 23 octobre 2026.